Les Cul-Lot-Thé/Épisode1: "le Plan"
La chaleur était à son paroxysme ainsi que cette faim qui me taraudait les tripes. Ce matin, j'ai dû sortir de très tôt, avec en poche, que mon argent de transport pour me rendre sur les lieux de cette commission que j'ai été faire. Heureusement, tout c'est bien passée. Sinon, j'aurais parcouru près de 50 kilomètres pour rentrer.
Ne pouvant plus supporter cette sensation indéfinissable au ventre, je me faufilai sous une sorte de tonnelle où l'on offrait un plat chaud pour peu d'argent. Ayant été renvoyé depuis deux mois de mon boulot il me fallait vraiment économiser. À peine ai-je fini mon assiette de maïs et de légumes, dont le goût avait à peine effleuré ma langue, mon téléphone sonna. C'était Makala, une ancienne collègue qui me courtisait. Que fais tu? Où es tu ? Rejoins moi dans la marche des jeunes. J'ai une urgence, je ne pourrai pas rester pour la couvrir. Sans même attendre une certaine confirmation ou d'éventuelles conditions, elle raccrocha.
Photojournaliste que je suis, j'ai presque toujours mon appareil avec moi. Et elle, en tant que rédactrice et enquêtrice, elle avait toujours son enregistreur. On formait un excellent duo. Et à nous deux, on fournissait d'excellents travaux. Tout cela, maintenant, c'est du vent. Tout ces bons souvenirs m'encouragèrent à aller à sa rescousse.
Arrivé sur place, elle me tendit un badge de presse et me donna du liquide, que j'ai tout de suite mis dans ma poche sans même vérifier. Je t'appellerai pour les suites nécessaires me dit-elle en s'éloignant. Son empressement me semblait suspect et je me faisais des idées. Était-ce un piège ? Mais pourquoi me le tendrait elle ? Pourquoi n'avait-elle pas contacté ses collègues actuels? Qu'est-ce qu'elle avait de si urgent? Une bousculade m'arracha de mes réflexions et la réverbération du soleil me stimula à me mettre au travail. Je me passai au cou le badge qu'elle m'avait donné et pris mon appareil pour exercer ma passion.
Je suivis tout le parcours, ces jeunes avaient vraiment l'air déterminé. À dire que je ne savais même pas l'objectif de cette activité. Heureusement, il y avait des pancartes qui expliquaient ou plutôt indiquaient les causes de tant de colère, de boullionnement et de ténacité. En tout cas, moi, j'ai fait mon boulot.
Il est presque six heures, toujours pas de signe de Makala et elle est injoignable. Je rentre dans un bar, je me rafraichi un peu avec quelques bières. Je reste là, à me gaver de musique, à boire et à lorgner les serveuses. Au moment où je m'apprêtais à aborder l'une d'entre elles, mon téléphone vibra. C'est Makala qui me demande de la rejoindre. Elle m'énervait de son ton. Je n'avais pas d'ordre à recevoir d'une femme. Qui pis est, une vieille bourlette sans charme, qui ne sait même pas s'habiller.
Je fis signe à ma serveuse d'apporter l'addition. C'est en payant que je remarquai qu'il ne manquait que quelques billets pour que j'aie une liasse dans ma poche. Et maintenant, dans ma main. La serveuse me fit des yeux doux. Je ne lui laissai même pas de pourboires juste parce qu'elle était une satanée ronde comme cette fichue Makala qui croyait pouvoir m'acheter. Mais à quelle fin? Je dois la rejoindre au plus vite cette folle. Que je lui vomisse ma fureur.
À suivre....
Micaëlle Charliflor

Ça s'annonce bien!
RépondreSupprimerMerci.
SupprimerJ'espère que ça continuera en bien
Bravo ,j'attends avec grande impatience la suite.
RépondreSupprimerFelicitations. J'attends la suite
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