MON EXPÉRIENCE DE SCÈNE EN TEMPS DE LOCK
Dans le cadre de la seizième édition du festival de théâtre quatre chemins, certaines activités sont réalisées en prélude, histoire d'échauffer le public, de lui donner un avant goût mais aussi de lui permettre de se changer les idées en cette période de lock continu. En effet, depuis déjà deux semaines, l'association quatre chemins à proposer au public des projections, une exposition et des spectacles de théâtre. Et j'ai eu l'occasion de jouer "Domitila". D'après le texte "Et si on me donnait la parole" de Domitila Barrios de Chungara, une mise en scène de Rolando Étienne et une adaptation de Guy Régis Junior. Je vous partage ici cette expérience qui fait partie du cheminement vers la concrétisation d'un rêve.
LA PRISE DE CONTACT
D'abord, dans le cadre de ce travail- et pour tout travail de théâtre en général- il faut connaître son texte. Sans pour autant entamer la phase d'apprentissage (le bat pa kè😅😁), il faut être bien conscient.e du contexte du texte, pouvoir l'analyser si besoin est, faire des recherches pour mieux comprendre ou même lire des textes traitant du même sujet.
Cette partie a été accomplie assez rapidement. Avec le metteur en scène, on a parlé des différents temps qui marquent le texte en question et choisi les séquences qu'on aura à travailler. Et voilà une étape franchie!
L'INTENTION ET LA MÉMORISATION
Ici commence le vrai travail. À défaut de mémorisation, je devais pouvoir lire intentionnellement le texte. C'est à dire, lire les séquences avec la voix adéquate, le débit nécessaire, la tonalité, le rythme l'expression aussi et quantité d'autres choses. Une dizaine de pages à mémoriser quand tout autour de soi est bouleversé, quand on stressé et quand la majorité des gens de son entourage est dépressifs, ce n'est pas chose aisée. Mais avec l'encouragement et la motivation de Rolando, le metteur en scène, j'avais pu me mettre au travail. Avec ma volonté aussi. Ma volonté de bien jouer, ma volonté de faire un pas en plus vers l'atteinte d'un rêve.
La septième semaine de lock, si je ne m'abuse, était particulièrement difficile. Je ne pouvais vraiment pas aller en répétition et j'ai même stoppé nettement le travail tellement j'étais démotivée. Je me disais, peut-être que je ferais tous ces efforts pour rien. Et si le jour du spectacle le lock bloque tout. Je n'ai pas du tout contacté Rolando. Lui, il l'a fait. Je lui ai tout raconté, il m'a passé une once de motivation. Je me suis promise de tout rebalancer le lendemain, ce que je ne fis pas. Et le surlendemain, Rolando ne m'a pas ménagé. Li fè nenpòt 10 minit ap pale di ak mwen nan telefòn😩 (m te merite l). Et je me suis reprise en main.
LE TRAC
À quelques jours du spectacle, j'ai eu un stress royal. J'ai vu que cela allait vraiment arriver. J'allais vraiment être sur scène. Et l'équipe technique du festival a commencé à venir assisté aux répétitions et je paniquais.
Ensuite, tout est rentré dans l'ordre. Je répétais et répétais mon texte (j'ai dû mémoriser une dizaine de pages) en marchant, sous la douche, en faisant le ménage. Et je commencais à me sentir prête.
LE JOUR J
J'étais relaxe mais avec une superbe montée d'adrénaline que j'ai dû et pu gérer. Dès trois heures j'étais sur le lieu où se tiendrait le spectacle (Institut Français en Haïti) et vers les quatre heures trente on nous a donné une loge. M te nan pye verite a. Rolando m'a fait revoir le début du spectacle.
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