Veux-tu être mon amant?

Perchée sur la fenêtre, tout mon corps se balance à mon rythme cardiaque, j'essayais de faire silence en moi. Mais j'ai réalisé qu'au lieu d'être confiné mon esprit est encombré. Encombré surtout de cette fatigue émotionnelle. Je tiens ma tête des deux mains, je ferme mes yeux et je recois cette brise qui vient me calmer. À ce moment je me dis que cette fenêtre devrait être une porte au moins je sentirais cette brise appaisante sur mon corps tout entier. Je parle à mes pensées, je leur demande de se taire. Je leur dis que je voudrais faire le vide et me calmer. Je les implore mais elles m'ignorent. Elles me sont incontrôlables. Je pleure et leur demande de se taire. Elles ont finalement consenti mais la plus élevée, la plus dominante n'entendait pas raison. Celle qui me rappelle que cette fois tu m'as laissé seule refuse de me déshabiter.


Cette fois tu m'as laissé seule et mon désarroi a pris chair. Tu m'as laissé seule sans même un regard, sans un sourire et sans même me prendre la main. Tu m'as laissé seule et j'ai su tout de suite que je ne serai plus ta muse bien que je resterai et demeurerai poésie. Cette fois ci j'espérais ta venue. Et je t'aurais mis à nue mon âme. J'espérais que tu t'approches. Je t'aurais pleuré mon désespoir, crié mon attachement et hurlé ma peine. Je voulais que tu viennes mais il me semblait être trop tard.

Et maintenant me voilà qui grifonne et gribouille. Et maintenant me voilà qui ris sans rire,ma musique devient aphone, mon coeur et mon corps languissent. Et maintenant je confirme, grâçe à toi, que l'amour ne suffit jamais. Il faut un peu de tout pour aimer. L'amour devient donc une création. L'amour est création. Je t'écrirai je t'aime une dernière fois. Pour tes yeux lunes, pour tes lèvres tulipes, pour tes doigts pinceaux, pour tes bras ramiers, pour ton contour ruche, pour ta tige miel mais surtout pour ton âme inspirée. Je t'aime. Je n'arrivais pas à me l'avouer mais maintenant je te le dis sans cesse même si tu ne l'entendras pas. Faut-il toujours avoir un peu de douleur pour avouer ou assumer son amour?

Mon tendre, je ne te dirai plus que je t'attends. J'essaierai de ne plus penser à ta fleur et à ta branche oblique. Je laisserai la vibration que je porte en moi pour toi me consumer pour qu'ensuite je renaisse. S'il faut pleurer, je pleurerai. S'il faut crier, je crierai. S'il faut tout ce qu'il faut je serai tout ce qu'il faut pour museler cette partie de toi en moi.
Ma douceur, il a fallu que je souffre pour comprendre ce qui nous attachait, ce qui me retenait à toi. Quand a-t-on perdu l'équilibre? C'était pourtant ce qui devait nous servir de base. Ton univers, mon univers et un petit monde nous réunissant. Qui de nous deux n'a pas freiné? Qui de nous deux a suscité les premiers pleurs? Qui de nous deux s'est laissé aller? Qui de nous deux a nié l'évidence? Qui de nous deux cultivait un amour espoir? Qui de nous deux n'a rien voulu déterminer? Même si j'avais des réponses à toutes mes questions -celles qui ne cessent de remuer dans ma tête, celles que je n'arrive pas à formuler, celles que j'aurais aimer te poser en face- je n'aurais encore qu'une certitude : on était en harmonie mais à la partition manquait une portée. Mais mon soleil continue à briller pour toi, ma musique joue pour toi, mon eau coule pour toi, ma fleur s'ouvre pour toi. 

Je ne cessais de mourir, il me fallait un peu de ton souffle pour me reprendre. Et tu m'as laissé humer un peu de ton nectar. Tu m'as laissé me reposer sur tes branches et caresser ta tige. Et maintenant je suis en paix. Et maintenant je vis. Et je veux continuer à vivre, je ne suis pas prête à te laisser partir. Tu m'avais dit un jour que je serais une chouette copine. Moi, je m'offre et j'en dis que nous serions de superbes et d'exquis amants. Veux-tu être mon amant?





Micaëlle Charliflor

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