Le théâtre : un art, une passion, un combat

Pratiquement deux mois depuis que je suis une formation de théâtre et je réalise qu'il est peut-être vrai que le théâtre est bien plus qu'un art, c'est une manière de vivre. Être dans la vingtaine (parce que tout.e.s les étudiant.e.s ont moins de 30 ans) et décider de faire le choix de suivre une telle formation est un acte courageux et passionné, révélateur aussi.
Courageux, parce que dans un espace géographique où les métiers des arts ne sont presque pas reconnus voire valorisés, il faut être fou pour aller y investir son temps, son énergie. De plus, pour intégrer ce secteur (si vraiment c'en est un), il faut vraiment prendre son baptême de feu, faire ses preuves, être toujours présent ou bien alors s'identifier à telle ou telle autre école- on reviendra sur ce sujet. D'autres avant nous, étudiant.e.s de la deuxième promotion de ACTE, ont fait ce choix donc il y a plus fou que nous. Et ceux qui ont choisi de ne faire que du théâtre de toute leur vie, ceux là sont des héros. Passionné, parce que nous avons choisi de soufrir dans un certain sens, pour une cause. Oui! Une souffrance consciente et douce. Révélateur, parce que quelque peu que pourrait être le nombre, il existe ceux qui protègent encore leur rêve et qui veulent l'accomplir. Tant qu'il y a rêve, il y a résistance. Tant qu'il y a rêve, le combat est susceptible de continuer.
Faire du théâtre n'est pas chose aisée, apprendre à le faire l'est encore plus. Il te faut être discipliné, concentré et attentif. La mémoire, les émotions et le corps sont, pour moi, des éléments qui sont toujours sollicités, qui sont carrément omniprésents. Entre autre, durant ces deux premiers mois d'apprentissage j'ai vraiment appris à être consciente et beaucoup plus attentive à mon corps. Je fais plus attention aussi à mon espace et à tout ce qui s'y trouve. Et je me connais mieux moi-même et il y a certaines facettes de moi que je ne fuis plus, que j'accepte et que j'assume. Ma façon de m'énerver par exemple ou encore mon grand rire sonore et bruyant dont Stéphanie et Néika (deux camarades) se plaignent assez souvent. Elles finiront par s'habituer, c'est clair. Je trouve aussi que je deviens beaucoup plus attentive à l'existence de l'autre. Ce qui est dur parce que ce n'est pas toujours réciproque, malheureusement. Je ne parlerai pas des professeurs, des accompagnateurs, des facilitateurs - nommez les comme vous voudrez mais à leur juste valeur- que je juge être patients et plus ou moins méthodiques, qui ne se lassent pas de nous donner des travaux à faire. Je ne parlerai pas non plus de l'attitude de certains étudiants par rapport à certains de leurs camarades. Je vous dirai seulement que je suis dans mon élément en travaillant avec mon corps, mes émotions et mon imagination. Retrouvez la vidéo de l'intégration des étudiant.e.s de la deuxième promotion sur ce lien

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